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Cahiers Polymères

Trimestriel de Haute-Résistance du Simorgh du Gard

Cahier Polymère n°3

Publié le 9 Juillet 2016 par Joseph Kacem

Cahier Polymère n°3

"Les Cahiers Polymères" est une production Simorgh du Gard

Simorgh du Gard - 12 avenue d'Anduze - 30100 Alès (RNA : W301004301 / SIRET : 817 491 525 00017)

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DIRECTEUR DE PUBLICATION DES CAHIERS POLYMERES: Joseph Kacem

REDACTRICE EN CHEF DE CE NUMERO 3: valerY meYnadier

Format A5

Dos collé

54 pages

PRIX unitaire (hors frais de port): 9 euros

Sortie du numéro 3 : 22 juillet 2016

Trois tirages 30 ex chacun minimum sont prévus (sauf prévente)

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Commander le titre via Amazon.fr

Fiche de la BNF (Dépôt légal)

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Commander un exemplaire auprès d'amazon.fr (en cours)

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SOMMAIRE DE CE NUMERO THEMATIQUE "L'autre":

Vérité toute nue de Julia Litvine

C'est.. de Michel Berre

L'inhumain de Dominique Bertrand

L'autre de Pascal Nyiri

Récit de Francine Charron

La bête en nous de Pascale Amara

Acte de présent de Ananda Montange-Bertrand

En fuite de Jean-François Joubert

Les rats du ciel de valerY meYnadier

Mon rêve familier de Patrick Boutin

Vivre continue de Joannah Schwab

[Rubrique] « Petits textes & petites places » avec Fil de Fleur

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-> Collectivités

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EDITO de ce troisième numéro:

De l’histoire des bombes A

Editorial de valerY meYnadier qui a assurée le travail de directrice du comité de lecture, de rédactrice en chef et d'éditorialiste.

Si la littérature devait avoir un commandement, ce serait celui-ci : écris pour celui qui ne peut pas répondre de lui-même, de ses actes.

Toi Humain en face de l’autre, réponds ! Il porte un visage comme toi, il a deux mains, deux jambes. Pas par hasard les deux yeux, les deux pieds, l’autre commence là : tout en double; presque ! Une seule bouche quoique deux lèvres.
Dire ce que l’autre ne peut plus dire.
D’un côté comme de l’autre. Je veux dire si l’assassin doit prendre la parole à travers toi ou bien le muet ou encore l’enfant de sept ans que tu as été, ouvre la bouche & laisse rentrer l’oubli du monde; je le sens parfois moi quand j’écris, prendre salive & mots & dire le quotidien des uns & des autres.
Ce sacré quotidien dans tous les sens du terme, du fait divers tragique à l’effeuillement de la marguerite, elle (il) m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout-
Ca, c’est la toute première bombe A- la plus grande.
Amour, Amour…

Je est une foule. Je est un seuil qui reçoit sa foule quotidiennement. Tiens je suis ça & ça encore, mince, je l’aurais pas cru & ça & ça … Tous, des ça en vadrouille. Ecrire c’est mettre le ça à l’oeuvre, la pulsion au turbin, l’autre à portée de main !
Il est bien question ici de la deuxième bombe A, un peu moins grande, la bombe Autre en soi & en dehors de soi.
Quand le nourrisson regarde sa mère, c’est son visage à lui qu’il voit, le corps de la mère c’est encore lui. Grandissant, il fera la distinction : c’est moi. & si la distinction était fausse ?
Si regarder l’autre c’était encore se voir soi-même comme quand on était nourrisson ?
Si l’autre c’était toujours soi, hein ?

« Plus dieu que dieu. » écrit Pascal Nyiri dans son texte « L'autre / 1 VI 16 »

Je travaille l’écriture dans une maison d’arrêt. Je verbe avec d’autres autour d’une table & l’écriture vient ou ne vient pas.
L’autre fois, l’autre me dit : « tu ne lis pas mes textes », je lui réponds : « si je lis tes textes mais je n’avais pas deviné »…
Deviné quoi ?
Ce qui ne peut se dire. Le passage à l’acte.
Son visage est si nu que je ne peux entendre le mot (meurtre) qui se présente à ma conscience.
Que faire de ça ? Demain qu’en fera-t-il ? Qu’en fait-il chaque jour ?
Tant qu’on écrit, la mort ne nous voit pas… Ca je le sais, je l’ai expérimenté. Je ne sais que lui répondre. Je silence à mon tour.

« Il n’y a rien à exalter, rien à condamner, rien à accuser, mais il y a bien des choses risibles : tout est risible quand on pense à la mort » écrit Thomas Bernhard.

L’autre en soi, c’est aussi la mort. Celle qui nous prend ou que l’on donne. Ca fait quoi de remplacer la mort ? Tu as pris la place de la mort, mon ami. J’écris cet édito aussi pour toi & pour tous ceux qui commettent cet impensable.

« Ce qui fait peur à l'humain, c'est l'inhumain.
La part de lui qui n'est pas lui, mais sans laquelle il n'est pas. » écrit Dominique Bertrand dans son texte : « L’inhumain » & voici la troisième bombe A : les 6 et 9 août 1945, Hiroshima et Nagasaki sont la cible de « Little Boy » & « Fat Man ». L’impensable est nommé là : les bombes A sont nommées « Petit Garçon » & « Homme Obèse ». Pauvre langage, s’il avait une tombe, il en serait sorti !
Qui est responsable de ce largage ? Einstein ? Oppenheimer ? Le président Truman ?
C’est l’autre bien sûr le responsable, mais l’autre c’est toujours moi, miroir ou pas miroir.

« Nous sommes tous coupables de tout & de tous devant tous, & moi plus que les autres » écrit Dostoievski car avant l’invention de la bombe Atomique, l’écrivain Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski avait sa bombe intime : la bombe Art, celle qui répond au réel, qui répond de l’irresponsabilité des Hommes, qui répond à la Mort en personne.

Arrêtons de creuser la tombe de la terre !
Ce numéro 3 des cahiers Polymères est un appel aux trois A, plus que jamais nous avons besoin de l’autre, d’amour, & d’art…
Les bombes n’ont jamais autant plu, d’Alep au Mali en passant par l’Ukraine & bientôt il ne restera de certains pays que le nom ! Bientôt des cimetières où les cendres de la Palestine, de l’Irak. Ci-gît : l’Erythrée, l’Afghanistan…
Assez !

« Quand le directeur est sorti, j’ai tiré entre ses deux yeux. Son corps s’est affaissé lentement. Je me suis dirigée vers la foule tétanisée et j’ai donné mon flingue à un type qui avait l’air de s’emmerder. » dit un personnage de « Vérité Nue », nouvelle bouleversante de Julia Litvine.
Tuer serait-il une autre façon de dire Assez ?

Qu’on se le dise, il y a d’autres moyens de dire assez; écrire, c’est aussi dire Assez !

valérY meYnadier
Le 09 juin 2016

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